| Les
troubles du sommeil chez un jeune enfant, lorsqu’ils surviennent, entraînent
bien des questions pour le parent. Pourquoi mon enfant fait-il des
cauchemars ? Devrais-je réveiller mon enfant qui hurle de
peur en dormant ? Est-ce de ma faute ? Plusieurs autres questions
sont soulevées auxquelles nous allons tenter de répondre.
Tout d’abord nous devons répondre à celle-ci …
1. Troubles
du sommeil : De quoi se compose le sommeil ?
Le
sommeil est composé de trois phases : L’éveil (ou état
de veille), le sommeil lent classique ou orthodoxe et le sommeil paradoxal
(ou rêve).
-
L’éveil
représente les moments conscients, les moments actifs de notre vie,
lorsque le cerveau est en alerte. Par contre l’état de veille
peut être passif. Lors de ces moments nous sommes plus lents,
plus rêveurs, plus frileux. Bref, c’est en état de veille
passif que l’on se laisse glisser vers le sommeil lent.
-
Le sommeil
lent représente 75% à 80% du sommeil total, soit 6 heures
sur une nuit de 8 heures. Il se compose de 4 stades passant d’un
sommeil léger à un sommeil très profond.
1)
L’endormissement : Nous sommes entre deux états, ni tout à
fait éveillés, ni tout à fait endormis.
2)
Le sommeil léger : C’est une période composée
de rêves flous, le sommeil est très léger et un bruit
brusque peut nous réveiller.
3)
et 4) Le sommeil profond : Lors de ces stades le sommeil
est très profond, le pouls et la respiration sont lents et réguliers.
Nous sommes généralement immobiles et réagissons très
peu aux bruits ou à la lumière. Par contre le tonus
musculaire est conservé.
-
Le sommeil
paradoxal (ou de rêve) est caractérisé par une activité
mentale rapide et intense et un pouls rapide. On peut remarquer le
mouvement rapide des yeux sous les paupières closes. Dans
cette période, il y a perte du tonus musculaire. C’est une
période de paralysie transitoire qui disparaît à notre
éveil. C’est d’ailleurs ce qui nous empêche de réagir
physiquement pendant nos rêves.
Un
outil concret pour favoriser le sommeil des 3-8 ans
Psychologue,
j'ai élaboré le coffret Mieux dormir afin de favoriser le
sommeil de vos enfants. Voici ce qu'en disent les médias.
«
Une tisane pour les oreilles des tout-petits.»
« Ils ont des voix chaleureuses, une musique à la fois apaisante
et rythmée et des paroles rassurantes. » 31
MAI 2006, Grandir en musique, La Nouvelle de Sherbrooke, article de Ségolène
Bendo
Écoutez
des extraits ici |
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2. Troubles
du sommeil : Qu’est-ce qu’un cauchemar (mauvais rêve) ?
Il
s’agit d’un rêve désagréable qui peut causer de la
peur et de l’angoisse. Ce mauvais rêve est composé d’images
et raconte une histoire généralement incohérente,
mais qui n’en demeure pas moins une histoire.
a)
À quel âge les cauchemars sont-ils les plus fréquents
?
-
Entre 1 à 6 ans.
-
Ils perturbent environ 5 à 10 % du sommeil des enfants de tout âge.
b)
Combien de fois par nuit rêve-t-on ?
-
Nous rêvons environ 5 fois par nuit ou à intervalles de 90
minutes.
c)
À quel moment de la nuit les rêves sont-ils les plus marquants
?
-
Les cauchemars ou mauvais rêves sont plus marquants aux petites heures
du matin.
d)
L’enfant se rappelle-t-il de ses cauchemars ?
-
Oui, l’enfant s’en rappelle. Le mauvais rêve sera composé
d’images et aura une histoire que l’enfant voudra vous raconter, si l’âge
lui permet. La frayeur de l’enfant peut être très intense.
Il est pleinement réveillé et veut se faire consoler.
e)
Comment dois-je réagir ?
-
L’enfant a vraiment peur et il a besoin d’être rassuré.
Prenez le temps qu’il faudra pour l’aider à se calmer et à
se rendormir dans son lit. Cela risque d’être plus long que
de l’inviter à dormir avec vous mais c’est la bonne solution.
-
En effet, il est facile de créer rapidement une mauvaise habitude
en invitant l’enfant à dormir dans votre lit. Il est possible
que par la suite, à chaque fois qu’il se réveillera dans
la nuit, peu importe la raison, il voudra vous rejoindre dans votre lit.
Il prendra goût à votre présence pendant la nuit.
Il peut même se mettre à s’éveiller après chaque
cycle de sommeil. Ce qui au début n’était qu’un cauchemar
pourrait se transformer en trouble du sommeil puisque votre enfant s’éveillera
à toutes les nuits ; un cauchemar… pour le parent.
3. Troubles
du sommeil : Qu’est-ce qu’une terreur nocturne ?
Une
terreur nocturne peut être très impressionnante, car elle
peut inclure des manifestations physiques de peur : L’enfant crie,
il appelle au secours, il transpire, il se débat, ses yeux fixent
le vide, l’enfant paraît terrifié, son cœur bat rapidement,
il semble impossible de le calmer. En fait, il n’est pas réveillé.
a)
À quel âge les terreurs nocturnes sont-elles plus fréquentes
?
-
Entre 3 ou 4 ans et jusqu’à 6 ans elles sont plus fréquentes.
Elles peuvent débuter vers 5 – 6 mois, être présentes
à l’adolescence mais rarement chez l’adulte.
b)
À quel moment dans la nuit surviennent-elles ?
-
Elles surviennent dans les 3 premières heures de sommeil qui suivent
l’endormissement.
c)
L’enfant se rappelle-t-il de ses terreurs nocturnes ?
-
Heureusement, il ne se souvient souvent de rien le lendemain.
d)
Comment dois-je réagir face aux terreurs nocturnes ?
-
Malgré tout ce qu’il peut y avoir d’impressionnant en rapport avec
une terreur nocturne, vous ne devez pas réveiller l’enfant.
Vous ne devez pas intervenir, mais seulement contrôler les risques
d’accident et attendre que l’enfant se calme. Vous pourrez alors
le remettre au lit dans une position confortable. Il va reprendre
son cycle de sommeil normalement.
-
Si vous tentez d’intervenir, vous risquez de réveiller l’enfant.
Lorsqu’on le réveille, l’enfant se sent perdu, il est confus, il
ne comprend pas ce qui lui arrive et cela risque d’augmenter son angoisse.
Cela entraîne souvent une multiplication et une prolongation des
terreurs nocturnes, voire même le passage à un degré
plus sévère des troubles du sommeil.
4. Troubles
du sommeil : Qu’est-ce qui occasionne les cauchemars et les terreurs nocturnes
?
Des
circonstances semblables sont à l’origine des cauchemars et des
terreurs nocturnes. L’enfant découvre énormément
de nouvelles choses dans ses premières années de vie ;
apprendre à marcher, à partager, à gérer sa
colère, à être plus autonome, et bien d’autres notions
encore. La nuit sert à “digérer” ce que l’on a acquis
pendant le jour. Bien sûr, des événements familiaux
difficiles peuvent influencer le sommeil de l’enfant. Ce que l’enfant
a fait avant de se coucher est aussi très important (lecture, collation,
télévision). Cependant les terreurs nocturnes peuvent
être parfois associées à des causes plus physiques
comme la croissance, la digestion, la maladie, etc. Enfin, les habitudes
de sommeil bonnes ou mauvaises influencent grandement le reste de la nuit.
5. Troubles
du sommeil : Que puis-je faire pour donner à mon enfant de bonnes
habitudes de sommeil ?
L’enfant
a besoin d’une routine, de points de repère et d’habitudes qui l’amènent
à se détendre et à s’abandonner au sommeil, en plus
d’éviter les repas trop lourds ou trop tardifs qui, en activant
la digestion peuvent occasionner cauchemars et terreurs nocturnes.
Par contre, un verre de lait peut constituer une saine habitude préalable
au coucher, comme le mentionne Philippe Regard : “Dans le lait il
y a un acide aminé qui est précurseur d’une hormone du sommeil…”
L’enfant
doit apprendre à s’endormir seul. Un animal de peluche ou
une petite couverture (communément appelée doudou) pourront
parfois l’aider. L’enfant a besoin d’un rituel qui le prépare
à passer une bonne nuit : Berceuses, câlins, massages,
histoires … Pour rassurer votre enfant vous pouvez laisser une lampe
allumée et la porte entrouverte. Essayez de toujours utiliser
la même formule de bonne nuit. Soyez doux mais clair dans le
message formulé, par exemple : “Bonne nuit mon trésor,
fait de beaux rêves, à demain matin”.
Il
est aussi très important de coucher l’enfant à des heures
régulières le soir ainsi que lors des siestes dans la journée,
si l’enfant en ressent encore le besoin. Réveiller l’enfant
à des heures régulières est aussi très important.
Il
faut retenir que tout ce qui n’est pas conforme aux habitudes avant le
sommeil de l’enfant viendra changer la qualité de celui-ci.
N’oubliez pas que c’est plus facile de donner une bonne habitude que d’essayer
d’en éliminer une mauvaise.
6. Troubles
du sommeil : Mon enfant a de bonnes habitudes de sommeil et pourtant il
a des troubles du sommeil. Comment puis-je l’aider ?
Voici
quelques interventions pour contrer les mauvais rêves. Si votre
enfant a moins de 2 ans, vous pouvez lui dire doucement et simplement,
le matin suivant le rêve, que vous êtes là, que tout
va bien et qu’il ne risque rien. Par contre si votre enfant est plus
âgé, une bonne façon de l’aider serait d’acter avec
lui, de façon simple, son rêve, d’en faire un jeu et d’en
rire.
Ne
vous perdez surtout pas en long discours que l’enfant comprendra comme
une réprimande. Le jeu et le rire seront plus bénéfiques.
En
ce qui a trait aux terreurs nocturnes, vous devez surtout ne pas en reparler
avec l’enfant. Ne lui demandez même pas s’il en a gardé
un souvenir. Faites une exception à cette règle seulement
si l’enfant s’est réveillé pendant sa terreur nocturne.
Il serait bon à ce moment là d’expliquer à l’enfant
les raisons physiques qui provoquent ce trouble pour ne pas qu’il ressente
une perte de contrôle de lui-même, se croit au bord de la folie
ou ressente de la culpabilité.
En
espérant que ce court travail aura répondu à vos questions,
que celles-ci n’hanterons plus votre sommeil et que vous pourrez dormir
sur vos deux oreilles et à poings fermés. Nous vous
souhaitons de passer une bonne nuit.
Troubles du
sommeil : BIBLIOGRAPHIE
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