Éducation des enfants : Troubles du sommeil, des trucs pour un sommeil plus paisible
Par Lucie Langlois et Marie-Claude Matte
Éducatrices en services de garde
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Les troubles du sommeil chez un jeune enfant, lorsqu’ils surviennent, entraînent bien des questions pour le parent.  Pourquoi mon enfant fait-il des cauchemars ?  Devrais-je réveiller mon enfant qui hurle de peur en dormant ?  Est-ce de ma faute ?  Plusieurs autres questions sont soulevées auxquelles nous allons tenter de répondre.  Tout d’abord nous devons répondre à celle-ci …

1. Troubles du sommeil : De quoi se compose le sommeil ?

Le sommeil est composé de trois phases :  L’éveil (ou état de veille), le sommeil lent classique ou orthodoxe et le sommeil paradoxal (ou rêve).

  • L’éveil représente les moments conscients, les moments actifs de notre vie, lorsque le cerveau est en alerte.  Par contre l’état de veille peut être passif.  Lors de ces moments nous sommes plus lents, plus rêveurs, plus frileux.  Bref, c’est en état de veille passif que l’on se laisse glisser vers le sommeil lent.
  • Le sommeil lent représente 75% à 80% du sommeil total, soit 6 heures sur une nuit de 8 heures.  Il se compose de 4 stades passant d’un sommeil léger à un sommeil très profond.


1) L’endormissement :  Nous sommes entre deux états, ni tout à fait éveillés, ni tout à fait endormis.

2) Le sommeil léger :  C’est une période composée de rêves flous, le sommeil est très léger et un bruit brusque peut nous réveiller.

3) et  4)  Le sommeil profond :  Lors de ces stades le sommeil est très profond, le pouls et la respiration sont lents et réguliers.  Nous sommes généralement immobiles et réagissons très peu aux bruits ou à la lumière.  Par contre le tonus musculaire est conservé.

  • Le sommeil paradoxal (ou de rêve) est caractérisé par une activité mentale rapide et intense et un pouls rapide.  On peut remarquer le mouvement rapide des yeux sous les paupières closes.  Dans cette période, il y a perte du tonus musculaire.  C’est une période de paralysie transitoire qui disparaît à notre éveil.  C’est d’ailleurs ce qui nous empêche de réagir physiquement pendant nos rêves.
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« Une tisane pour les oreilles des tout-petits.»    « Ils ont des voix chaleureuses, une musique à la fois apaisante et rythmée et des paroles rassurantes. »  31 MAI 2006, Grandir en musique, La Nouvelle de Sherbrooke, article de Ségolène Bendo 

Écoutez des extraits ici

2. Troubles du sommeil : Qu’est-ce qu’un cauchemar (mauvais rêve) ?

Il s’agit d’un rêve désagréable qui peut causer de la peur et de l’angoisse.  Ce mauvais rêve est composé d’images et raconte une histoire généralement incohérente, mais qui n’en demeure pas moins une histoire.

a) À quel âge les cauchemars sont-ils les plus fréquents ?
- Entre 1 à 6 ans.
- Ils perturbent environ 5 à 10 % du sommeil des enfants de tout âge.

b) Combien de fois par nuit rêve-t-on ?
- Nous rêvons environ 5 fois par nuit ou à intervalles de 90 minutes.

c) À quel moment de la nuit les rêves sont-ils les plus marquants ?
- Les cauchemars ou mauvais rêves sont plus marquants aux petites heures du matin.

d) L’enfant se rappelle-t-il de ses cauchemars ?
- Oui, l’enfant s’en rappelle.  Le mauvais rêve sera composé d’images et aura une histoire que l’enfant voudra vous raconter, si l’âge lui permet.  La frayeur de l’enfant peut être très intense.  Il est pleinement réveillé et veut se faire consoler.

e) Comment dois-je réagir ?
- L’enfant a vraiment peur et il a besoin d’être rassuré.  Prenez le temps qu’il faudra pour l’aider à se calmer et à se rendormir dans son lit.  Cela risque d’être plus long que de l’inviter à dormir avec vous mais c’est la bonne solution.
- En effet, il est facile de créer rapidement une mauvaise habitude en invitant l’enfant à dormir dans votre lit.  Il est possible que par la suite, à chaque fois qu’il se réveillera dans la nuit, peu importe la raison, il voudra vous rejoindre dans votre lit.  Il prendra goût à votre présence pendant la nuit.  Il peut même se mettre à s’éveiller après chaque cycle de sommeil.  Ce qui au début n’était qu’un cauchemar pourrait se transformer en trouble du sommeil puisque votre enfant s’éveillera à toutes les nuits ;  un cauchemar… pour le parent.
 

3. Troubles du sommeil : Qu’est-ce qu’une terreur nocturne ?

Une terreur nocturne peut être très impressionnante, car elle peut inclure des manifestations physiques de peur :  L’enfant crie, il appelle au secours, il transpire, il se débat, ses yeux fixent le vide, l’enfant paraît terrifié, son cœur bat rapidement, il semble impossible de le calmer.  En fait, il n’est pas réveillé.

a) À quel âge les terreurs nocturnes sont-elles plus fréquentes ?
- Entre 3 ou 4 ans et jusqu’à 6 ans elles sont plus fréquentes.  Elles peuvent débuter vers 5 – 6 mois, être présentes à l’adolescence mais rarement chez l’adulte.

b) À quel moment dans la nuit surviennent-elles ?
- Elles surviennent dans les 3 premières heures de sommeil qui suivent l’endormissement.

c) L’enfant se rappelle-t-il de ses terreurs nocturnes ?
- Heureusement, il ne se souvient souvent de rien le lendemain.

d) Comment dois-je réagir face aux terreurs nocturnes ?
- Malgré tout ce qu’il peut y avoir d’impressionnant en rapport avec une terreur nocturne, vous ne devez pas réveiller l’enfant.  Vous ne devez pas intervenir, mais seulement contrôler les risques d’accident et attendre que l’enfant se calme.  Vous pourrez alors le remettre au lit dans une position confortable.  Il va reprendre son cycle de sommeil normalement.
- Si vous tentez d’intervenir, vous risquez de réveiller l’enfant.  Lorsqu’on le réveille, l’enfant se sent perdu, il est confus, il ne comprend pas ce qui lui arrive et cela risque d’augmenter son angoisse.  Cela entraîne souvent une multiplication et une prolongation des terreurs nocturnes, voire même le passage à un degré plus sévère des troubles du sommeil.
 

4. Troubles du sommeil : Qu’est-ce qui occasionne les cauchemars et les terreurs nocturnes ?

Des circonstances semblables sont à l’origine des cauchemars et des terreurs nocturnes.  L’enfant découvre énormément de nouvelles choses dans ses premières années de vie ;  apprendre à marcher, à partager, à gérer sa colère, à être plus autonome, et bien d’autres notions encore.  La nuit sert à “digérer” ce que l’on a acquis pendant le jour.  Bien sûr, des événements familiaux difficiles peuvent influencer le sommeil de l’enfant.  Ce que l’enfant a fait avant de se coucher est aussi très important (lecture, collation, télévision).  Cependant les terreurs nocturnes peuvent être parfois associées à des causes plus physiques comme la croissance, la digestion, la maladie, etc.  Enfin, les habitudes de sommeil bonnes ou mauvaises influencent grandement le reste de la nuit.
 

5. Troubles du sommeil : Que puis-je faire pour donner à mon enfant de bonnes habitudes de sommeil ?

L’enfant a besoin d’une routine, de points de repère et d’habitudes qui l’amènent à se détendre et à s’abandonner au sommeil, en plus d’éviter les repas trop lourds ou trop tardifs qui, en activant la digestion peuvent occasionner cauchemars et terreurs nocturnes.  Par contre, un verre de lait peut constituer une saine habitude préalable au coucher, comme le mentionne Philippe Regard :  “Dans le lait il y a un acide aminé qui est précurseur d’une hormone du sommeil…” 

L’enfant doit apprendre à s’endormir seul.  Un animal de peluche ou une petite couverture (communément appelée doudou) pourront parfois l’aider.  L’enfant a besoin d’un rituel qui le prépare à passer une bonne nuit :  Berceuses, câlins, massages, histoires …  Pour rassurer votre enfant vous pouvez laisser une lampe allumée et la porte entrouverte.  Essayez de toujours utiliser la même formule de bonne nuit.  Soyez doux mais clair dans le message formulé, par exemple :  “Bonne nuit mon trésor, fait de beaux rêves, à demain matin”.

Il est aussi très important de coucher l’enfant à des heures régulières le soir ainsi que lors des siestes dans la journée, si l’enfant en ressent encore le besoin.  Réveiller l’enfant à des heures régulières est aussi très important.

Il faut retenir que tout ce qui n’est pas conforme aux habitudes avant le sommeil de l’enfant viendra changer la qualité de celui-ci.  N’oubliez pas que c’est plus facile de donner une bonne habitude que d’essayer d’en éliminer une mauvaise.

6. Troubles du sommeil : Mon enfant a de bonnes habitudes de sommeil et pourtant il a des troubles du sommeil.  Comment puis-je l’aider ?

Voici quelques interventions pour contrer les mauvais rêves.  Si votre enfant a moins de 2 ans, vous pouvez lui dire doucement et simplement, le matin suivant le rêve, que vous êtes là, que tout va bien et qu’il ne risque rien.  Par contre si votre enfant est plus âgé, une bonne façon de l’aider serait d’acter avec lui, de façon simple, son rêve, d’en faire un jeu et d’en rire.

Ne vous perdez surtout pas en long discours que l’enfant comprendra comme une réprimande.  Le jeu et le rire seront plus bénéfiques.

 En ce qui a trait aux terreurs nocturnes, vous devez surtout ne pas en reparler avec l’enfant.  Ne lui demandez même pas s’il en a gardé un souvenir.  Faites une exception à cette règle seulement si l’enfant s’est réveillé pendant sa terreur nocturne.  Il serait bon à ce moment là d’expliquer à l’enfant les raisons physiques qui provoquent ce trouble pour ne pas qu’il ressente une perte de contrôle de lui-même, se croit au bord de la folie ou ressente de la culpabilité.

En espérant que ce court travail aura répondu à vos questions, que celles-ci n’hanterons plus votre sommeil et que vous pourrez dormir sur vos deux oreilles et à poings fermés.  Nous vous souhaitons de passer une bonne nuit.
 

Troubles du sommeil : BIBLIOGRAPHIE


CHALLAMEL, J-M et THIRION, Marie.  Le sommeil, le rêve et l’enfant.  Paris :  Édition Ramsay, 1988.  345 p.

MAZET, P. et BRACONNIER, Alain.  Le sommeil de l’enfant et ses troubles.  Paris :  Presse universitaire de France, 1986.  127 p.  (Collection ;  Que sais-je ?  No 2298)

ZLOTOWICK, Michel.  Les cauchemars de l’enfant.  Paris :  Presse universitaires de France, 1974.  186 p.

BOIVIN, Suzanne.  (Page consultée le 1er octobre 2001).  Terreurs nocturnes et cauchemars, [ En ligne ].  Adresse URL :  http://www.petitmonde.com/Doc/Article/Terreurs_nocturnes_et_cauchemars 

REGARD, Philippe.  (Page consultée le 28 septembre 2001).  Le sommeil et l’enfant :  Séance organisée par Dr Jean-Luc Vidal et Sylvain Coue.  [ En ligne ].  Adresse URL :  http://www.unimedia.fr/homepage/sftg/CR%20Escoletta/Sommeilesc.htm

NOEL, Stéphane, Dr. (Page consultée le 12 octobre 2001).  La grande aventure du sommeil, [ En ligne ].  Adresse URL : http://www.sommeil.org/

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