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Le
deuil d'un enfant.... l'insoutenable absence
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Mon
objectif à l'intérieur de ce texte est d'offrir, si je le
peux, réconfort aux personnes éprouvées par la perte
d'un être cher. Il est également de sensibiliser les
ami(e)s, les proches et les autres personnes qui côtoient les gens
en deuil, parce qu'après tout, ce sont avec eux que les "survivants"
ont le plus de contacts. |
En
1983, Monsieur Jean Monbourquette publiait un livre magnifique intitulé
Aimer, perdre et grandir. Souvent, aimer a été facile
(malgré les hauts et les bas inévitables de toute relation),
perdre, une épreuve atroce que les mots ont peine à décrire
et grandir, l'ultime but à atteindre.
Comment
grandir de la perte de notre enfant? Pas évident. Probablement
pas du jour au lendemain, ni sans effort, mais tout de même réalisable.
Consultez ce court témoignage
- page consultée en avril 2000,
vous y sentirez la grande perte, mais aussi une certaine sérénité
qui semble s'être installée, malgré le drame, malgré
les souffrances.
Si
vous avez perdu un enfant, vous connaissez cette douleur. Si vous
n'avez pas perdu d'enfant, imaginez ce que cette perte pourrait représenter.
Vivre
son deuil et arriver à grandir à travers lui, n'est pas chose
facile.
Lisez
maintenant ce deuxième bref témoignage
- page consultée en avril 2000, celui d'une femme qui a perdu son
frère, l'épouse de son frère et leur enfant dans un
accident de voiture.
La
perte de personnes chères affecte beaucoup de gens, dont certaines
souffrent en silence...
Les
enfants survivants sont aussi affectés par la perte d'un frère,
d'une sœur.
Voici
ce qu'une mère a écrit en observant la réaction de
sa petite fille de 5 ans face à la mort de son frère.
Papa
dit qu'il est parti,
Maman
dit qu'il est mort,
Mais
il était encore là hier,
Je
ne comprends pas bien ce qu'ils ont dit.
Papa
a l'air très triste,
Maman
pleure tout le temps,
Tout
ça c'est bien ennuyeux,
C'est
parce que mon frère est mort.
Son
ours en peluche est sur son lit,
Ses
pyjamas dans le tiroir,
Dormir
toute seule, ça fait peur,
Fermons
bien la porte du placard.
Papa
dit qu'il est au ciel
Et
je me demande où c'est
Maman,
que nous y serons tous un jour
Mais
je n'en suis pas bien sûre.
Je
voudrais être un magicien
Savez-vous
ce que je ferais?
Je
le ferais sortir d'un seul coup de cette boîte
Il
pourrait courir et jouer avec moi.
Mais
les magiciens, c'est pas vrai
Du
moins c'est ce qu'a dit Maman
Alors
je crois que je devrai dormir toute seule
Et
que Lancey devra être mort. 3
Pour en
savoir davantage sur le deuil des enfants, cliquez
ici (document pdf) - page consultée en octobre 2005.
Autres points
à garder à l'esprit
Voici
donc quelques points à garder à l'esprit suite à la
perte d'un être cher.
Pour
les survivants, je souhaite que ces pistes vous permettent de prendre le
temps de guérir, à votre rythme. Pour les ami(e)s et connaissances
des survivants, je souhaite que ces pistes fassent prendre conscience de
l'intensité de la souffrance associée à la perte d'un
proche et que cette prise de conscience vous permette d'être davantage
à l'écoute, compréhensifs et soutenants à l'endroit
des survivants.
-
"À
la suite de la mort de votre enfant, vos espoirs, vos rêves et vos
plans d'avenir sont sans dessus dessous"1.
-
"Votre
deuil est unique. Personne, y compris votre conjoint ne vivra
cette perte exactement comme vous la vivrez"1.
-
"Il est
possible que vous ayez l'impression de vivre un rêve et que vous
souhaitiez vous réveiller pour constater que rien de tout ça
ne s'est passé". Ce sentiment permet "de vous isoler de la
réalité de la mort jusqu'à ce que vous soyez apte
à tolérer la vérité que vous ne voulez pas
croire" 1.
-
"Bien
que vous soyez plus âgé, que vous ayez protégé
votre enfant et pourvu à ses besoins, vous lui avez survécu
alors que lui est mort. C'est là une réalité
très difficile à comprendre"1.
-
"Attendez-vous
à ressentir une multitude d'émotion". "Aussi bizarres
que ces émotions puissent vous paraître, elles sont normales
et saines". "Ne soyez pas surpris si vous avez soudainement une vague
de chagrin à un moment totalement inattendu" 1.
Prendre le
temps de bien guérir
Monsieur
Jean Monbourquette, prêtre, psychologue, a animé plusieurs
groupes d'entraide pour personnes en deuil et, s'adressant aux survivants,
il écrit ceci dans son livre Aimer, perdre et grandir :
"Dans
ce monde de l'instantané, tu aimerais sortir rapidement de ton malaise
intérieur. Je comprends.
Le
processus de la guérison de ton état émotionnel doit
suivre son cours. Plus la perte est grande, plus tu dois te donner
le temps de guérir et de récupérer. Paye-toi
ce luxe; tu le mérites.
N'essaie
pas de brûler les étapes.
La
guérison complète va venir. C'est déjà
commencé à l'heure actuelle.
Tu
as eu le courage d'aimer: une nouvelle aventure s'offre à toi, celle
de guérir d'une blessure d'amour pour grandir et apprendre à
t'approfondir.
C'est
précieux, donne-toi le temps nécessaire" 2.
Dans ce
monde de l'instantané, dit Monsieur Monbourquette. Voilà,
selon moi, une plaie qui, sournoisement, infecte nos vies et cause beaucoup
de souffrance.
Tout
va tellement vite, personne n'a plus le temps! Plus le temps de parler,
plus le temps de se questionner, plus le temps de s'arrêter pour
s'assurer que nous allons dans la bonne direction, plus le temps de pleurer,
de vivre sa peine, plus le temps de prendre le temps. Juste le temps de
courir, courir, courir!
À
la mort d'un être cher, nous nous demandons souvent : Y a-t-il une
vie après la mort? Un jour, je ne me rappelle pas où ni qui
l'a dit, mais j'ai entendu un autre type de question : Y a-t-il une vie
avant la mort?
Je
crois que s'il y a quelque chose de positif à retirer de la perte
d'un être cher, c'est le cadeau que cette personne nous laisse par
son départ : La possibilité de se brancher sur des valeurs
plus fondamentales de la vie.
Nous
souffrons trop souvent d'un étourdissement collectif qui nous éloigne
de ce qui nous est pourtant Essentiel. Lorsque la mort frappe un proche,
cet Essentiel tend à refaire surface, comme pour nous inciter à
un nouveau départ, à une vie plus "connectée" sur
des valeurs plus profondes et davantage source de paix intérieure,
de satisfaction, de bonheur.
Avez-vous
déjà lu l'histoire de quelqu'un, ou peut-être connaissez-vous
ou êtes-vous quelqu'un qui a déjà frôlé
la mort? Le sens des valeurs de ces gens change presque toujours suite
à une expérience aussi intense. Les petits plaisirs que nous
prenons pour acquis deviennent pour eux, sources de grandes joies. Une
belle journée ensoleillée, une sourire, le chant d'un oiseau.
Dites-moi qui risque d'être plus heureux, celui qui, pour être
heureux, s'exige à lui-même d'obtenir un poste important,
une grosse maison, une BMW de l'année, ou celui pour qui un simple
sourire suffit? Ne trouvez-vous pas que nous nous compliquions souvent
la vie, que nos critères pour être heureux sont tellement
nombreux que nous nous programmons, plus souvent qu'autrement, pour être
déçus, frustrés ou malheureux?
Donner
un sens à la mort de l'être cher. Voilà comment plusieurs
survivants arrivent à reprendre goût à la vie. Certains
nomment une fondation au nom de l'être aimé et perdu, d'autres
se battent pour une cause qui lui tenait à cœur, écrivent
un livre en sa mémoire, etc.. Vous n'avez pas l'intérêt
ou les ressources pour ce genre de projets? Vous pouvez tout de même
grandir malgré votre perte. Y a-t-il plus bel hommage que d'améliorer
sa vie grâce à ce que la personne décédée
nous lègue comme héritage spirituel, émotionnel? Personnellement,
je crois que ce qui me rendrait le plus heureux au monde lorsque je serai
mort, c'est de voir que ce que j'ai tenté d'être comme modèle
(avec mes qualités et mes défauts) aura pu aider des gens,
et particulièrement mes proches, à vivre une vie plus enrichissante.
Ainsi, j'aurais le sentiment que ce que j'ai partagé avec eux leur
aura été bénéfique et donc, que ma vie n'aura
pas été vaine, mon passage sur cette terre significatif.
Voici
donc quelques pistes intéressantes pour rendre hommage à
la personne qui nous a quitté :
Monsieur
Monbourquette nous propose de faire "le bilan des qualités de la
personne disparue" Ces qualités dit-il, si on les cherchait dans
l'autre, c'est que nous les possédions en nous-mêmes également.
Maintenant, continue-t-il, elles nous appartiennent.
Une
certaine douceur
Une
façon de s'affirmer
Une
manière de prendre soin de soi
Etc.
2
Monsieur
Monbourquette écrit : Le départ de la personne chère
renferme en elle la possibilité :
De
mieux nous connaître.
De
mieux saisir la souffrance des autres.
De
s'ouvrir à de nouveaux horizons.
De
se savoir moins parfaits.
De
permettre aux autres d'être moins parfaits.
De
découvrir les sentiers de la guérison. 2
Voilà
autant de façons de rendre hommage à l'être aimé
qui nous a quitté.
Se pardonner
Se
pardonner, voilà également une étape faisant souvent
partie du processus de deuil. Se pardonner de quoi? Encore une fois tiré
d'un autre livre de Monsieur Monbourquette (Comment pardonner), je vous
laisse avec ce dernier message en souhaitant que quelque chose, quelque
part à l'intérieur de cet article ait pu vous rejoindre et
susciter une réflexion, une lueur, un réconfort, une énergie,
peu importe.
Monsieur
Monbourquette écrit :
Je
me pardonne de rechercher l’inaccessible étoile,
D’être
fragile, d’avoir honte de ma douleur,
De
m’accuser dans mon malheur,
D’entretenir
le désir d’une perfection inaccessible,
De
m’être fait complice de mon persécuteur,
De
m’être mis en dehors de mon cœur,
D’avoir
ruminé des accusations blessantes à mon égard,
De
n’avoir pas été capable de tout prévoir,
De
me haïr sans compassion,
De
me sentir impuissant à accorder le pardon aux autres.
Bref,
je veux me pardonner d’être humain.
Suggestion
de livres et de ressources
Suggestions
de l'Hôpital Sainte-Justine pour enfants - page consultée
en avril 2000
Et
si on parlait de la vie?
Ce
livre est né de notre expérience et du dialogue qui s’est
instauré entre nos enfants et nous après deux décès,
à un an de distance, de deux petites sœurs, Emmanuelle et Philomène,
décédées de mort subite. En lui permettant d’exprimer
ce vécu, ce livre a aidé mon épouse à faire
son deuil; et il nous a tous aidés à nous parler. Nous serions
heureux qu’il puisse aussi servir à d’autres. Le livre est
disponible sur demande au prix de 15 euros (port compris) à
commander à notre adresse: famille.guillaume@skynet.be
ou à faire parvenir, par la poste: Famille Guillaume
rue Saint-Martin, 35 B-5380 CORTIL-WODON (Belgique)
Autre
livre (cliquez sur la couverture pour plus d'information)
Références
1.Les
résidences et les jardins funéraires Bessette.
2.
Monbourquette, Jean (1984). Aimer, perdre et grandir. Les éditions
du Richelieu.
3.
Kubler-Ross, Elisabeth (1986). La mort et l'enfant. Éditions du
Rocher.
Si
certaines questions persistent suite à cet article, n'hésitez
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