Le deuil d'un enfant.... l'insoutenable absence
Par Daniel Lambert, psychologue
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Le deuil d'un enfant.... l'insoutenable absence

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deuil Mon objectif à l'intérieur de ce texte est d'offrir, si je le peux, réconfort aux personnes éprouvées par la perte d'un être cher.  Il est également de sensibiliser les ami(e)s, les proches et les autres personnes qui côtoient les gens en deuil, parce qu'après tout, ce sont avec eux que les "survivants" ont le plus de contacts. 

En 1983, Monsieur Jean Monbourquette publiait un livre magnifique intitulé Aimer, perdre et grandir.  Souvent, aimer a été facile (malgré les hauts et les bas inévitables de toute relation), perdre, une épreuve atroce que les mots ont peine à décrire et grandir, l'ultime but à atteindre.

Comment grandir de la perte de notre enfant?  Pas évident. Probablement pas du jour au lendemain, ni sans effort, mais tout de même réalisable.  Consultez ce court témoignage  - page consultée en avril 2000, vous y sentirez la grande perte, mais aussi une certaine sérénité qui semble s'être installée, malgré le drame, malgré les souffrances.

Si vous avez perdu un enfant, vous connaissez cette douleur.  Si vous n'avez pas perdu d'enfant, imaginez ce que cette perte pourrait représenter.

Vivre son deuil et arriver à grandir à travers lui, n'est pas chose facile.

Lisez maintenant ce deuxième bref témoignage - page consultée en avril 2000, celui d'une femme qui a perdu son frère, l'épouse de son frère et leur enfant dans un accident de voiture.

La perte de personnes chères affecte beaucoup de gens, dont certaines souffrent en silence...

Les enfants survivants sont aussi affectés par la perte d'un frère, d'une sœur. 

Voici ce qu'une mère a écrit en observant la réaction de sa petite fille de 5 ans face à la mort de son frère.
 
 

Papa dit qu'il est parti, 

Maman dit qu'il est mort, 

Mais il était encore là hier, 

Je ne comprends pas bien ce qu'ils ont dit.
 
 

Papa a l'air très triste, 

Maman pleure tout le temps, 

Tout ça c'est bien ennuyeux, 

C'est parce que mon frère est mort.
 
 

Son ours en peluche est sur son lit, 

Ses pyjamas dans le tiroir, 

Dormir toute seule, ça fait peur, 

Fermons bien la porte du placard.
 
 

Papa dit qu'il est au ciel

Et je me demande où c'est

Maman, que nous y serons tous un jour

Mais je n'en suis pas bien sûre.
 
 

Je voudrais être un magicien

Savez-vous ce que je ferais?

Je le ferais sortir d'un seul coup de cette boîte

Il pourrait courir et jouer avec moi.
 
 

Mais les magiciens, c'est pas vrai

Du moins c'est ce qu'a dit Maman

Alors je crois que je devrai dormir toute seule

Et que Lancey devra être mort. 3
 
 

Pour en savoir davantage sur le deuil des enfants, cliquez ici (document pdf) - page consultée en octobre 2005.
 

Autres points à garder à l'esprit

Voici donc quelques points à garder à l'esprit suite à la perte d'un être cher. 

Pour les survivants, je souhaite que ces pistes vous permettent de prendre le temps de guérir, à votre rythme. Pour les ami(e)s et connaissances des survivants, je souhaite que ces pistes fassent prendre conscience de l'intensité de la souffrance associée à la perte d'un proche et que cette prise de conscience vous permette d'être davantage à l'écoute, compréhensifs et soutenants à l'endroit des survivants.

  • "À la suite de la mort de votre enfant, vos espoirs, vos rêves et vos plans d'avenir sont sans dessus dessous"1. 
  • "Votre deuil est unique.  Personne, y compris votre conjoint ne vivra cette perte exactement comme vous la vivrez"1. 
  • "Il est possible que vous ayez l'impression de vivre un rêve et que vous souhaitiez vous réveiller pour constater que rien de tout ça ne s'est passé".  Ce sentiment permet "de vous isoler de la réalité de la mort jusqu'à ce que vous soyez apte à tolérer la vérité que vous ne voulez pas croire" 1. 
  • "Bien que vous soyez plus âgé, que vous ayez protégé votre enfant et pourvu à ses besoins, vous lui avez survécu alors que lui est mort.  C'est là une réalité très difficile à comprendre"1. 
  • "Attendez-vous à ressentir une multitude d'émotion".  "Aussi bizarres que ces émotions puissent vous paraître, elles sont normales et saines".  "Ne soyez pas surpris si vous avez soudainement une vague de chagrin à un moment totalement inattendu" 1.



Prendre le temps de bien guérir

Monsieur Jean Monbourquette, prêtre, psychologue, a animé plusieurs groupes d'entraide pour personnes en deuil et, s'adressant aux survivants, il écrit ceci dans son livre Aimer, perdre et grandir :

"Dans ce monde de l'instantané, tu aimerais sortir rapidement de ton malaise intérieur.  Je comprends.

Le processus de la guérison de ton état émotionnel doit suivre son cours.  Plus la perte est grande, plus tu dois te donner le temps de guérir et de récupérer.  Paye-toi ce luxe; tu le mérites.

N'essaie pas de brûler les étapes.

La guérison complète va venir.  C'est déjà commencé à l'heure actuelle.

Tu as eu le courage d'aimer: une nouvelle aventure s'offre à toi, celle de guérir d'une blessure d'amour pour grandir et apprendre à t'approfondir.

C'est précieux, donne-toi le temps nécessaire" 2.
 

Dans ce monde de l'instantané, dit Monsieur Monbourquette. Voilà, selon moi, une plaie qui, sournoisement, infecte nos vies et cause beaucoup de souffrance.

Tout va tellement vite, personne n'a plus le temps! Plus le temps de parler, plus le temps de se questionner, plus le temps de s'arrêter pour s'assurer que nous allons dans la bonne direction, plus le temps de pleurer, de vivre sa peine, plus le temps de prendre le temps. Juste le temps de courir, courir, courir!

À la mort d'un être cher, nous nous demandons souvent : Y a-t-il une vie après la mort? Un jour, je ne me rappelle pas où ni qui l'a dit, mais j'ai entendu un autre type de question : Y a-t-il une vie avant la mort? 

Je crois que s'il y a quelque chose de positif à retirer de la perte d'un être cher, c'est le cadeau que cette personne nous laisse par son départ : La possibilité de se brancher sur des valeurs plus fondamentales de la vie.

Nous souffrons trop souvent d'un étourdissement collectif qui nous éloigne de ce qui nous est pourtant Essentiel. Lorsque la mort frappe un proche, cet Essentiel tend à refaire surface, comme pour nous inciter à un nouveau départ, à une vie plus "connectée" sur des valeurs plus profondes et davantage source de paix intérieure, de satisfaction, de bonheur.

Avez-vous déjà lu l'histoire de quelqu'un, ou peut-être connaissez-vous ou êtes-vous quelqu'un qui a déjà frôlé la mort? Le sens des valeurs de ces gens change presque toujours suite à une expérience aussi intense. Les petits plaisirs que nous prenons pour acquis deviennent pour eux, sources de grandes joies. Une belle journée ensoleillée, une sourire, le chant d'un oiseau. Dites-moi qui risque d'être plus heureux, celui qui, pour être heureux, s'exige à lui-même d'obtenir un poste important, une grosse maison, une BMW de l'année, ou celui pour qui un simple sourire suffit? Ne trouvez-vous pas que nous nous compliquions souvent la vie, que nos critères pour être heureux sont tellement nombreux que nous nous programmons, plus souvent qu'autrement, pour être déçus, frustrés ou malheureux?

Donner un sens à la mort de l'être cher. Voilà comment plusieurs survivants arrivent à reprendre goût à la vie. Certains nomment une fondation au nom de l'être aimé et perdu, d'autres se battent pour une cause qui lui tenait à cœur, écrivent un livre en sa mémoire, etc.. Vous n'avez pas l'intérêt ou les ressources pour ce genre de projets? Vous pouvez tout de même grandir malgré votre perte. Y a-t-il plus bel hommage que d'améliorer sa vie grâce à ce que la personne décédée nous lègue comme héritage spirituel, émotionnel? Personnellement, je crois que ce qui me rendrait le plus heureux au monde lorsque je serai mort, c'est de voir que ce que j'ai tenté d'être comme modèle (avec mes qualités et mes défauts) aura pu aider des gens, et particulièrement mes proches, à vivre une vie plus enrichissante. Ainsi, j'aurais le sentiment que ce que j'ai partagé avec eux leur aura été bénéfique et donc, que ma vie n'aura pas été vaine, mon passage sur cette terre significatif.

Voici donc quelques pistes intéressantes pour rendre hommage à la personne qui nous a quitté : 

Monsieur Monbourquette nous propose de faire "le bilan des qualités de la personne disparue" Ces qualités dit-il, si on les cherchait dans l'autre, c'est que nous les possédions en nous-mêmes également. Maintenant, continue-t-il, elles nous appartiennent.

Une certaine douceur

Une façon de s'affirmer

Une manière de prendre soin de soi

Etc. 2
 
 

Monsieur Monbourquette écrit : Le départ de la personne chère renferme en elle la possibilité : De mieux nous connaître.

De mieux saisir la souffrance des autres.

De s'ouvrir à de nouveaux horizons.

De se savoir moins parfaits.

De permettre aux autres d'être moins parfaits.

De découvrir les sentiers de la guérison. 2
 
 

Voilà autant de façons de rendre hommage à l'être aimé qui nous a quitté.
 

Se pardonner

Se pardonner, voilà également une étape faisant souvent partie du processus de deuil. Se pardonner de quoi? Encore une fois tiré d'un autre livre de Monsieur Monbourquette (Comment pardonner), je vous laisse avec ce dernier message en souhaitant que quelque chose, quelque part à l'intérieur de cet article ait pu vous rejoindre et susciter une réflexion, une lueur, un réconfort, une énergie, peu importe.

Monsieur Monbourquette écrit :

Je me pardonne de rechercher l’inaccessible étoile,

D’être fragile, d’avoir honte de ma douleur, 

De m’accuser dans mon malheur, 

D’entretenir le désir d’une perfection inaccessible, 

De m’être fait complice de mon persécuteur, 

De m’être mis en dehors de mon cœur, 

D’avoir ruminé des accusations blessantes à mon égard,

De n’avoir pas été capable de tout prévoir,

De me haïr sans compassion,

De me sentir impuissant à accorder le pardon aux autres.
 
 

Bref, je veux me pardonner d’être humain.


Suggestion de livres et de ressources

Suggestions de l'Hôpital Sainte-Justine pour enfants - page consultée en avril 2000
 
 

Et si on parlait de la vie?
Ce livre est né de notre expérience et du dialogue qui s’est instauré entre nos enfants et nous après deux décès, à un an de distance, de deux petites sœurs, Emmanuelle et Philomène, décédées de mort subite. En lui permettant d’exprimer ce vécu, ce livre a aidé mon épouse à faire son deuil; et il nous a tous aidés à nous parler. Nous serions heureux qu’il puisse aussi servir à d’autres.  Le livre est disponible sur demande au prix de 15 euros  (port compris) à commander à notre adresse:  famille.guillaume@skynet.be ou à faire parvenir, par la poste:  Famille Guillaume rue Saint-Martin, 35  B-5380 CORTIL-WODON  (Belgique) 

Autre livre (cliquez sur la couverture pour plus d'information)

 

Références

1.Les résidences et les jardins funéraires Bessette.

2. Monbourquette, Jean (1984). Aimer, perdre et grandir. Les éditions du Richelieu.

3. Kubler-Ross, Elisabeth (1986). La mort et l'enfant. Éditions du Rocher.

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