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- Développement de l'enfant
- Famille recomposée : C'est quoi ma place
maintenant?
Qui
réparera ma bicyclette? Est-ce que nous allons déménager?
Si je suis bien sage, papa va-t-il revenir? Et grand-maman, est-ce qu'on
ira la voir?
"Aujourd'hui,
on évalue qu'un mariage sur deux finira par un divorce."
(3) Voilà donc quelques questions qui risquent de continuer à
trotter dans la tête des enfants face à la séparation
de leurs parents. Ces questions, et bien d'autres, reflètent le
besoin fréquent des enfants de se faire rassurer de l'amour et
de la présence de ses parents dans sa vie et ce, malgré
la séparation.
Répercussions
possibles de la séparation
"Certains
adolescents passeront sans heurt cette transition qu'est la séparation
parentale. Il est à noter toutefois qu'un nombre plus grand de difficultés
a été décelé chez les enfants issus de familles
divorcées ou remariées que chez les enfants de familles intactes."
(3)
Les filles
et les garçons - Réactions
Suite
à la séparation, les garçons auraient plus
tendance à présenter des "désordres extériorisés,
regroupant les agressions, la désobéissance et les mensonges
tandis que les filles seraient plutôt sujettes à des
désordres intériorisés, tels que des états
dépressifs, de l'anxiété et auraient tendance à
se replier sur elles-mêmes." (3)
"La
garde partagée, dans la majorité des cas, permet de diminuer
les sentiments de rejet ou d'abandon puisque le jeune demeure en contact
avec ses deux parents." (3)
Nouvelle famille,
nouvelle adaptation
"Tout
comme il y a différents stades à franchir pour faire un deuil,
il y a des étapes à vivre dans la recomposition : la résistance
et l'agressivité précèdent l'acceptation de la nouvelle
famille." (4)
N'oublions
pas qu'alors que de nombreux enfants nourrissent le désir de voir
leurs parents se réconcilier et former à nouveau un couple,
"Le projet de recomposition familiale d'un ou des deux parents vient
confirmer définitivement la brisure de sa famille d'origine."
(1)
Rappelons-nous
aussi que l'adulte a choisi son (sa) nouveau (nouvelle) compagnon (compagne)
de vie, alors que pour l'enfant, "La vie s'organise dans un sens qu'il
n'a pas nécessairement choisi." (1)
Pistes pour
une recomposition harmonieuse
-
Préparer
les jeunes à la recomposition : clarifier les faits de base (où
ils vont vivre, avec qui, vont-ils changer d'école, quelle sera
la fréquence des contacts avec l'autre parent, etc.)
-
Multiplier
les occasions de tisser des liens avec les autres acteurs de la recomposition
avant de cohabiter ensemble (souper, vacances, cinéma, etc.).
-
Maintenir
la possibilité de contacts avec les deux parents de l'enfant.
-
Clarifier
le rôle que jouera le beau-parent (qui fera la discipline?)
-
Humour
et souplesse.
-
Habiletés
de communication.
-
Clarifier
les règles à suivre.
-
Réussir
à créer des souvenirs plaisants concernant la (les) personne(s)
qui s'ajoute(nt). (3)
-
Donner
du temps aux enfants pour s'adapter à la nouvelle situation et faire
en sorte, si possible, qu'ils ne vivent pas trop de changement en même
temps (école, quartier, maison, amis, etc.)
-
Conserver
du temps exclusif entre le parent naturel et ses enfants.
-
Planifier
des causeries familiales pour s'exercer à communiquer et à
évacuer les tensions au fur et à mesure.
-
Préserver
l'image que l'enfant se fait de son père et de sa mère. Les
adultes doivent éviter de se dénigrer l'un et l'autre surtout
devant les enfants. (4)
|
Communiquer,
communiquer, communiquer
Vous
l'aurez deviné, un des principaux ingrédients de l'harmonie,
que ce soit à l'intérieur d'une famille recomposée
ou pas, demeure la communication.
Les
comportements suivants, bien qu'ils puissent être fréquemment
utilisés avec les enfants, constituent néanmoins des
obstacles
à une réelle communication.
-
Donner
des ordres
-
Menacer
: "Si tu continues, tu vas aller dans ta chambre"
-
Faire
la morale
-
Offrir
des conseils, des solutions toute faites
-
Persuader
par la logique
-
Juger,
critiquer
-
Interpréter,
analyser
|
-
Complimenter
: "Je sais que tu es assez grand pour comprendre"
-
Insulter,
humilier : "Tu n'es qu'un paresseux"
-
Rassurer,
consoler : "T'en fais pas, demain ça ira mieux"
-
Interroger,
enquêter
-
Faire
de l'ironie, du sarcasme
|
Les conflits
: inévitables!!!
Vous
avez bien lu. Les conflits sont inévitables. Démoralisant?
Pas du tout, plutôt rassurant. Pourquoi? Bien des gens commencent
à croire qu'ils ne sont peut-être pas faits l'un pour l'autre
parce qu'ils ont des conflits. Savoir que les conflits sont inévitables
rend ces derniers moins menaçants. Même les gens qui s'aiment
beaucoup auront, tôt ou tard, des idées différentes
sur divers sujets. Les recherches montrent même que les couples en
difficulté n'ont pas plus de conflits que les couples heureux. Cependant,
les couples heureux abordent les conflits de manière différente.
Bref, ils ont appris à mieux les gérer.
À qui
le problème?
Voilà
ce que la méthode de Thomas Gordon "Parents efficaces" nous suggère
de se demander devant une situation problématique. Par exemple,
dans la situation où un enfant écoute la musique très
forte, c'est l'adulte qui a le problème. Par ailleurs, lorsque
l'enfant revient de l'école et semble triste ou en colère,
c'est lui qui a le problème.
Pour
une meilleure communication,
la personne ayant le problème, devrait
utiliser le message en "Je" pour l'exprimer.
Le
message "Je" contient :
-
Une description
objective du comportement qui nous déplaît chez l'enfant.
-
L'expression
de nos émotions, en "Je", face à ce comportement :
Je suis en colère, je suis déçu, je suis triste, inquiet,
j'ai peur, etc.
-
Une explication
quant aux conséquences des gestes de l'enfant : "Tu aurais
pu te faire renverser par une auto, j'ai pensé que tu étais
blessé, je suis incapable d'écouter la télévision,
etc."
|
Ton problème
- mon écoute
Lorsque
c'est notre interlocuteur qui a un problème, il convient d'écouter
et d'éviter les obstacles à la communication précédemment
énumérés. L'écoute active constitue notre principal
outil. Cette écoute, pour être efficace, doit reposer sur
un réel désir de comprendre l'autre et sur une confiance
en sa capacité de trouver lui-même une solution à son
problème. Le rôle de l'écoutant est d'écouter,
aidant ainsi l'écouté à expliquer la situation et,
du même coup, à mieux la comprendre lui-même.
Même
si l'écoute active consiste à résumer, dans nos propres
mots, notre compréhension du message de l'autre, il ne faut pas
croire pour autant qu'il s'agisse là d'une tâche facile...
La tentation d'offrir un conseil, de porter un jugement, de tenter de persuader
par la logique, est souvent très forte. Toutes ces réactions
sont... des obstacles à la véritable communication.
Reconstruire
une famille c'est tenter de répondre à la question : "C'est
quoi ma place maintenant?". Seule une bonne communication permettra
à chacun de répondre à cette question et d'exprimer
sa position aux membres de la nouvelle famille. Alors, prenons le temps
d'écouter. Nous écouter nous-mêmes et écouter
ceux qui nous sont proches. Reconstruire une famille est un défi
qui mérite qu'on s'y arrête car chacun de nous a droit au
bonheur, à la sécurité et à l'amour.
Références
1.
L'art de mieux vivre une recomposition familiale. Conseil de la famille,
1995.
2.
Châtelaine, Mars 1975
3.
Cité dans Divorce et familles recomposées, 1999. Recherches
en bref. Université Laval et Association des centres jeunesse du
Québec.
4.
Estime de soi : Les familles recomposées. Novembre 2000. Comité
de réussite scolaire de l'école l'Arbrisseau.
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