| |
Accueil
- Développement de l'enfant
- La violence et l'influence
des "gangs" à l'adolescence
Si certaines questions persistent
suite à cet article, n'hésitez pas à faire une recherche
sur Google
|
|
| Pourquoi
la violence ?
En
trois mots, parce qu'elle rapporte! Il est beaucoup plus rapide et facile
de frapper quelqu'un pour lui prendre quelque chose que de lui demander
et risquer de se faire dire non. Respecter certaines règles, savoir
accepter d'attendre, pouvoir faire des compromis, accepter de ne pas obtenir
tout ce que l'on désire et à la vitesse à laquelle
on le désire, voilà des apprentissages difficiles. Frapper,
c'est relativement facile.
La
recherche nous montre que l'on devient agressif ou violent pour obtenir
quelque chose de positif (argent, biens, privilèges, etc.), pour
éviter une punition (on menace celui qui pourrait nous punir ou
nous dénoncer) ou simplement parce que nous avons appris, en observant
d'autres personnes, qu'être agressif pouvait être très
efficace. |
| Qu'est-ce
qui peut entraîner la violence ?
Plusieurs
facteurs peuvent contribuer à la violence. Un des plus importants
est sans doute le modelage, c'est à
dire l'observation de quelqu'un d'autre qui affiche des comportements agressifs.
La
télévision est une source incroyable de modèles violents.
Voici quelques points que l'on peut reprocher aux émissions violentes
:
-
En plus
d'illustrer clairement de nouveaux comportements violents, la télévision
souligne
l'efficacité de ses comportements pour atteindre nos objectifs,
-
La télévision
banalise la violence (à force d'en voir, on s'y habitue et ce que
nous trouvions trop violent il y a quelques temps, ne nous touche plus
autant) ;
-
La télévision
va même jusqu'à justifier la violence, les "bons" étant
tout aussi violents, si non plus que les "méchants".
Qu'apprennent
nos enfants en écoutant ces émissions
où
la violence est la norme et où justice est faite par la violence?
La frustration
La
frustration est un autre facteur qui augmente la probabilité de
violence. Plus une personne se considère lésée, ou
plus elle est frustrée, plus elle a de chances de recourir à
la violence, d'autant plus si la cible de sa violence est considérée
plus faible qu'elle et que l'agresseur nourri des sentiments ou croyances
négatives à son endroit. Plus la victime ressemblera à
l'agresseur et plus elle lui inspirera des sentiments positifs, plus elle
aura de chances d'être épargnée.
L'influence
du groupe
Un
groupe agressif augmente la probabilité que chacun de ses membres
le soit également. Une des raisons est la tendance au conformisme,
un piège du groupe que l'on retrouve dans plusieurs groupes, violents
ou pas.
Imaginez
qu'un groupe dont vous faites partie vote une proposition et que tous semblent
être d'accord, tous sauf vous... Il est tard, vous savez que tout
le monde veut retourner chez lui, etc., signifiez-vous vos réticences
ou commencez-vous à penser que vous avez peut-être tors, après
tout, tous les autres sont d'accord. Vous risquez de déplaire, certains
seront peut-être fâchés contre vous?
La
tendance à suivre le courant est très forte, d'autant plus
qu'un désaccord est souvent pris de façon personnelle et
entraîne des froids, des prises de bec, etc..
Imaginez
alors que vous soyez dans un groupe très violent. Les répercussions
d'un désaccord risquent alors d'être plus compromettantes
qu'une prise de bec...
De
même, lorsque nous faisons partie d'un groupe, nous avons tendance
à moins nous sentir personnellement impliqués dans les décisions
du groupe. Nous n'étions pas seuls, ce qui nous laisse croire que
nous sommes moins à blâmer... Dans notre tête, c'est
comme si chaque membre du groupe prenait sur lui une partie de la responsabilité
des décisions, seulement une partie. Je peux donc me sentir moins
coupable, moins fautif et, en conséquence, accepter de faire des
choses que je ne ferais jamais si j'étais seuls car alors, la responsabilité
de mes gestes serait entièrement sur mes épaules.
|
| Faut-il
craindre l'adolescence ?
Ce
serait une grave erreur de craindre l'adolescence, voici pourquoi :
-
Seulement
20% des adolescents sont aux prises avec de véritables problèmes.
Par ailleurs, il convient de se rappeler que ces 20% ont de réels
problèmes, qu'ils ont besoin d'aide maintenant et qu'il serait
dangereux de croire que la tempête de l'adolescence disparaîtra
d'elle-même une fois l'adolescent devenu adulte. Vous vous demandez
quand chercher de l'aide, cliquez
ici.
-
Anticiper
des problèmes à l'adolescence peut faire en sorte que le
parent devient spécialement attentif aux "mauvais coups", au point
de ne voir que cela. Lorsque ça se produit, le parent aura tendance
à sévir et l'adolescent pourra avoir l'impression que peu
importe ce qu'il fait, ce n'est jamais correcte. Si je ne suis jamais à
la hauteur, à quoi bon faire des efforts? Donc je me relâche,
pour certains, je me révolte. Ainsi, des attentes négatives
à propos des adolescents (ou de toute autre personne d'ailleurs)
risquent de créer exactement ce que nous redoutions au départ!
-
Nous devons
nous rappeler que ce que nous entendons ou lisons dans les médias
n'est que ce qui ressort de l'actualité et que ce qui ressort
a tendance à être exceptionnel. Nous devons nous rappeler
de ce caractère exceptionnel et éviter de croire que ces
cas de violence constituent la norme. La plupart des adolescents ne vivent
pas cette sorte de révolte à l'adolescence. La plupart accordent
une grande importance aux amis, c'est vrai, mais l'on constate que pour
les questions plus délicates de la vie, les parents exercent davantage
d'influence.
|
| Des
solutions ?
La
recherche nous montre que le meilleur indice de délinquance semble
être la qualité de la surveillance et de la discipline à
l'intérieur de la famille.
Règles
claires, supervision et constance
"Les
parents d'enfants délinquants sont portés à être
inconsistants dans leur façon de punir l'indiscipline. Plus les
règlements sont imprécis, la supervision relâchée
et les sanctions sévères, plus les risques de rébellion
sont élevés ; or, le principal symptôme de la famille
du futur délinquant, c'est la présence de gestes de rébellion
(désobéissance généralisée et constante)."
(Leblanc et Ouimet, 1988, cité dans Papalia et Olds, 1996).
Limiter les modèles
agressifs-violents, fournir des modèles appropriés de résolution
de conflits
Ceci
implique :
-
De superviser
les émissions de télévision des enfants.
-
D'être
soi-même des modèles non-agressifs de résolution de
conflits.
-
En ce
sens, les punitions corporelles sont à éviter car elles disent
à l'enfant que lorsque maman ou papa est fâché, une
bonne façon de régler le problème est de frapper.
Alors si ça marche pour papa et maman, pourquoi ça ne marcherait
pas pour moi à l'école avec Marc-André? Pour des alternatives
à la punition, cliquez ici.
-
N'oublions
jamais de toujours essayer de porter davantage d'attention aux comportements
positifs de l'enfant et de ne pas tomber dans le piège de les considérer
comme des dus et dès lors ne pas les souligner. Si on ne s'occupe
que de moi lorsque je fais des "mauvais coups", je saurai quoi faire pour
attirer l'attention. Un enfant préférera souvent de l'attention
négative (punition, remontrances, etc.) plutôt que peu ou
pas d'attention.
-
Selon
Monsieur Richard Tremblay, enseignant & chercheur à l'université
de Montréal et spécialiste ne matière de crimes violents
commis par des enfants:
-
On
ne naît pas violent, on peut avoir des prédispositions
à la violence, rendant certains enfants plus à risque de
se montrer agressifs. Par ailleurs, l'environnement de l'enfant et ses
apprentissages pourront faire en sorte que même l'enfant ayant des
prédispositions à la violence, puisse apprendre à
canaliser cette énergie de façon socialement acceptable.
-
D'après
ce même spécialiste, les enfants les plus à risque
de devenir violents, démontrent également davantage de potentiel
pour accomplir de grandes choses : ils ne se laissent pas abattre facilement,
sont combatifs, persistants, intelligents, etc.. Il leur reste à
apprendre à se servir de ces qualités de façon positive.
-
Finalement,
monsieur Tremblay souligne que 24 mois serait un âge
critique pour apprendre à canaliser l'agressivité et que
pour lui apprendre, les parents devraient être spécialement
vigilants face à ses comportements violents, de façon à
pouvoir les prévenir. Ils devraient également s'assurer de
récompenser les comportements positifs et instaurer une discipline
claire, constante, sans cris ni punitions physiques
.
-
Monsieur
Tremblay insiste sur le fait que toute intervention, si elle veut être
efficace, doit obligatoirement axer sur les récompenses.
Comme
vous le constatez, les solutions proposées dans cet article sont
davantage axées sur la prévention. Si votre enfant montre
des signes de délinquance, ne minimisez pas leur importance et ne
fermez pas les yeux sous prétexte qu'il est encore jeune. Si je
veux comprendre un jour que certaines règles doivent être
respectées dans la société, je dois apprendre à
rendre compte de mes comportements. N'oubliez pas qu'un spécialiste
en matière de crimes violents commis par des enfants souligne que
24 mois serait un âge critique pour apprendre à canaliser
l'agressivité. Plus vite j'aurai compris, mieux ça vaudra,
car plus je vieillis, plus mes comportements auront tendance à être
lourds de conséquences et difficiles à changer. N'hésitez
pas à demander de l'aide. Adressez-vous l'école
de votre enfant (elle sera sûrement contente que vous désiriez
agir car elle aura probablement eut, elle aussi, des difficultés
avec l'enfant). Vous pouvez également vous adresser à votre
médecin de famille, à votre CLSC ou à un psychologue
en pratique privée, mais ne tombez pas dans le piège de penser
que tout se réglera seul. Votre enfant peut vivre de sérieux
problèmes et avoir besoin d'une aide professionnelle pour s'en sortir.
|
Références
-
Papalia
et Olds (1996). Le développement de la personne. Éditions
Études Vivantes.
-
Gergen
K., Gergen M. et Jutras S. (1992). Psychologie sociale, 2ième édition.
Éditions Études vivantes.
-
Tremblay,
Richard, enseignant & chercheur à l'université de Montréal
et spécialiste en matière de crimes violents commis par des
enfants. Tiré de l'émission "L'enfant qui tue" avec monsieur
Scully, 1996.
|
Abonnez-vous
au magazine Mode d'emploi Mieux-être et
recevez
gratuitement des articles
vous proposant des outils concrets de mieux-être
personnel et professionnel. Indiquez votre adresse courriel
et cliquez sur le carré Yahoo.
|